[Critique]  » Tunnel » de Kim Seong-hoon

6 juin

 

Combien de ventilateurs y a t il dans ce tunnel?

Combien de ventilateurs y a t il dans ce tunnel?

 

 

Après un formidable  » Man on high heels -le flic aux talents hauts » et un « Dernier train pour Busan » enthousiasmant, le cinéma sud-coréen se montre une nouvelle fois épatant. Dans un mélange non subtil de drama et de cinéma de genre – après l’homme incompris et l’exploration de sa solitude, les vampires envahisseurs et notre réaction, voilà l’humain face à la nature!- se côtoient des intrigues aux métaphores légères et accessibles au plus grand nombre – le tunnel s’effondre, comme la vie de l’homme qui se retrouve piégé dans sa voiture- des effets spéciaux, et des situations ubuesques visant à montrer le décalage entre les progrès techniques réalisés et le manque de maîtrise de ceux qui les ont crées.  

Comme dans les films précités, le héros est un homme très charmant et omniprésent, notamment dans les esprits des jeunes femmes conquises par la K pop sur tous les continents. En occident, les jolies femmes sont mises en avant pour leur plastique dans le septième art, il semblerait que ce soit l’inverse en Corée du sud. Mais au fond rien ne change car c’est leur côté féminin qui fait l’unanimité. Au final, les personnages féminins sont aussi anecdotiques que dans notre cinéma malheureusement.

Il est évident que l’empathie ne fonctionne que pour un seul personnage et que les seconds rôles sont très peu creusés. Mais le but, ici, est plus d’essayer de faire prendre conscience de petites choses en restant dans les clous et les codes d’un kdrama, que de révolutionner le spectateur.

D’emblée, Kim Seong-hoon retire le spectaculaire pour s’intéresser à l’homme. Il se joue ainsi du rythme habituel donné à ce genre de film catastrophe et fait écrouler très vite le tunnel sur notre héros. C’est seulement ensuite qu’on peut s’intéresser au second personnage uniforme, beaucoup de personnel en porte de façon anonyme, la société coréenne qui est déshumanisée jusque dans l’affection banale – on nous expose un enfant en bas âge dont c’est l’anniversaire, un chiot perdu pas tout à fait mignon mais presque- et qui adore la modernité, attirée comme un aimant vers elle.

Sur Jeju, la grande île au sud de la péninsule coréenne, les nouvelles villes poussent comme des champignons dans les Cévennes -Hado ou a lieu l’effondrement est une agglomération nouvelle – et les infrastructures se construisent rapidement. Et malgré la technologie avancée, les esprits ne suivent peut-être pas aussi vite : en témoigne le naufrage du Sewol que le réalisateur semble vouloir mettre en exergue. Mais sans vouloir heurter la population, avec beaucoup d’humour et de distance.

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