[Critique] « Perdrix » d’Erwan Le Duc

4 sept

 

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 Perdrix, c’est le commissaire Pierre Perdrix mais sans doute bien d’autres choses…

 Elle roule au volant de son petit bolide, sacrée voiture pour une rebelle, et s’arrête au hasard, se fait subtiliser son moyen de locomotion par une nudiste et se retrouve à faire une déposition chez un flic anarchiste. Je raconte ainsi librement le synopsis parce qu’il n’a aucune importance et qu’il permet de jauger le niveau de loufoquerie. Pas si loufoque que ça, tout au plus vend morse. En effet, dans son imagination originale malgré tout, on reconnait des La fille du 14 Juillet, Vincent n’a pas d’écailles ou Tonnerre, entre autres, ce film accompagne de sa brise légère le vent frais qui souffle sur le cinéma français. C’est le désordre joyeux qui les unit.

 Maud Wyler – comme un double de Vimala Pons – trouve ici son plus beau et grand rôle, elle est entière, brute et ne fait pas tout pour plaire au spectateur masculin dans son attitude ni dans sa façon de s’apprêter – elle refuse même d’enfiler, laissez-moi finir ma phrase, une robe un peu trop sexy – et c’est pourtant autour d’elle que tourne le film, obsédante qu’elle est dans son refus d’être conformiste.

 Le pari de faire un film émouvant, sentimental et profond est risqué avec toutes ces blagues, ces diversions, ces sujets lancés et tournés au ridicule – la représentation militaire des batailles de jadis – mais c’est plutôt réussi, on ressent la solitude des personnages et il y a quelque chose de vrai dans les relations, dans les dialogues, dans les confessions tristes comme des vies modernes.

 Fanny Ardant en maman qui émet son émission de radio depuis sa cave pour faire l’amour et en parler, Nicolas Maury en papa désabusé amateur de vers de terre et Swann Arlaud en commissaire idéaliste qui y croit encore et qui se fait juger pour cela par le tribunal composé de ses collègues de la brigade sont autant d’autres bonnes raisons d’aller voir Perdrix. Et pour les sorties avec panache, valise à la main. Et pour la remise en cause de la famille. Et pour le cadre champêtre magnifique.

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