[Critique] « Notre dame » de Valérie Donzelli

19 jan

 

détruite et reconstruire? ou déconstruire?

Détruire et reconstruire ? Ou déconstruire ?

 

 Valérie Donzelli nous est revenue, intacte, dans son style caractéristique, après quelques films anecdotiques. Avec de la fraîcheur et de la légèreté, telle une mousse au chocolat réussie, elle enchaîne les scénettes courtes et ingénues, les émotions faciles, sans que cela ne soit péjoratif, elle nous donne des leçons de vie amusantes, brosse le portrait de personnages secondaires très existants, marqués et originaux. Maud Crayon, c’est elle, nous emmène dans un Paris toujours beau, à la limite de la promotion perpétuelle, mais agressif, bourré de claques sonores, métaphores de l’époque.

 Architecte débutante, elle est à la mode, elle est un crayon, Maud Crayon ha ha ha, elle gagne un concours, prétexte à nous présenter les parvis de Paris et les arcanes du pouvoir, pour en dénoncer gentiment les abus, elle a un petit copain et en même temps un ex-mari très présent, comme pour nous signifier qu’amoureusement parlant rien n’est simple dans la vie. C’est vraiment le point fort de ses films réussis, faire comprendre le gris, mettre la jolie nuance à portée de tous.

 Comme tout est montré et mis en scène de façon ludique, il est difficile d’écrire sur le sur-signifiant, peu évident mais présent malgré la réalisatrice. Maud gagne un concours par erreur, ELLE n’a pas les compétences suffisantes alors elle s’entoure d’hommes qui apportent leur expertise, et comme par magie le projet prend la forme d’UN phallus. Mais quand elle se branche sur France Inter, elle est exaspérée et coupe le son parce que le discours féministe sur son projet la gêne. Il faut croire que notre héroïne a du Catherine Deneuve dans sa vision de la relation homme/femme à l’ancienne.  

 D’ailleurs, comme elle, elle nous prend par les sentiments et par les liens invisibles qui nous relient au cinéma et aux acteurs francophones, que l’on fréquente comme des copains. Samir Guesmi en patron tyrannique pas si crédible, Bouli Lanners en collègue de bureau aux yeux intelligents, Virginie Ledoyen qui les admire – ses yeux, pas les doyens – et le couple d’élus composé d’Isabelle Candelier, en Anne Hidalgo, et de l’omniprésent décalé – beau paradoxe – Philippe Catherine, en « conseiller » municipal fan de ses propres discours, nous ravissent par leurs performances. Est-ce que ce n’est pas ça le cinéma de Donzelli ? Quelque chose de très français, d’amical, de jovial et naïf ?

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